Cultiver des patates douces

Patates douces
Patates douces, mises à germer

Cultiver des patates douces pourrait paraître simple au premier abord. Il s’agirait de faire comme pour les pommes de terre  en les mettant en terre en avril, et en les récoltant en fin d’été. Malheureusement, les récoltes seront très décevantes, si récoltes il y a. Les patates douces (famille des ipomées) n’ont en effet rien à voir avec les pommes de terre (famille des solanacées). Leurs exigences et leurs modes de culture sont assez différents.

Pour l’avoir testé, la mise en terre directe en avril ou mai, ne donne pas grand chose : le temps que les patates douces germent, nous voici en juillet, voire début août, alors le temps que de nouveaux tubercules se forment…et c’est déjà l’hiver ! Je ne parle bien sûr que pour le climat de l’Île de France.

Comme le liseron, c’est une plante rampante qui peut atteindre plusieurs mètres de longueur. Ces feuilles sont comestibles et souvent utilisées comme légumes dans les pays tropicaux : elles contiennent plus d’éléments nutritifs que le chou et plus de protéines, de calcium et de vitamines C que l’épinard ! Elle produit aussi des tubercules très riches en amidon, donc très nourrissants. Il en existe à chair orange, violette, rose, blanche….Les patates douces à feuillages décoratifs sont vendues en jardinerie sous le nom d’ipomées. Elles sont aussi parfaitement comestibles : feuilles et tubercules (qui sont cependant moins gros pour ces variétés).

Un peu d’histoire

La patate douce, de son nom latin  Ipomea batatas, de la famille des convolvulacées (comme le liseron) était cultivée en Inde au XVIème siècle et dans divers pays d’Asie. On pense cependant que son origine est sud américaine. Elle serait arrivée en Asie, par l’intermédiaire des peuples polynésiens.  Ces derniers, l’auraient diffusé des côtes américaines dans une grande partie de la région Pacifique. On en a trouvée des traces dans des fouilles archéologiques au Pérou, datant de 8000 ans avant notre ère.

Culture

La patate douce est moins exigeante et plus productive que le blé à l’hectare : elle est en conséquence très cultivée dans les pays chauds où son rendement est maximum. Dans nos régions, on peut quand même espérer de belles récoltes à condition de les faire germer à l’avance. Je les démarre dans des verres d’eau, en immergeant le côté pointu, en mars / avril.

On peut aussi les démarrer en terre, sous châssis ou dans une serre, l’important c’est qu’elles aient chaud au démarrage. Les tiges émergent tranquillement. Dès qu’elle atteignent 30 cm, on peut les raccourcir et bouturer les bouts coupés, dans l’eau également, les racines ne tardent pas à se former. Ensuite, mi-mai, on met tout ça en terre au potager, dans une terre riche, meuble et bien arrosée : il faut qu’elles poussent vite, car il faut 5 à 6 mois pour récolter les tubercules. Avantage non négligeable par rapport à la pomme de terre : il peut pleuvoir tout l’été, elle ne craint pas le mildiou !

Cultiver la patate douce c’est original et intéressant car c’est un bon légume, très complet. Et comme certains maraîchers essaient de l’acclimater chez nous, nul doute que nous aurons bientôt des variétés bien adaptées à nos climats.

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