Protéger le jardin de la canicule

Jeune fatsia, qui souffre…

La canicule frappe, une fois de plus.  Le Jardin d’épices souffre, mais pas autant que d’autres jardins… cela pourrait être bien pire. Alors, comment bien protéger son jardin de la canicule ? Car il ne se passe désormais plus une année sans un épisode de fortes chaleurs. Et cette année, ça commence fort, dès le mois de juin… l’été s’annonce donc difficile, mais en cette période de changement climatique, rien ne dit qu’en août nous ne serons pas noyé sous les eaux ! Quoi qu’il en soit, il va falloir s’adapter à ces périodes, qui promettent d’être de plus en plus fréquentes.

Penser l’organisation du jardin

Au Jardin d’épices,  conçu selon les principes de la permaculture, nous avons laissé pousser de grands arbres côté sud. Il s’agit d’un tilleul (déjà là quand nous sommes arrivés) et d’un acacia. Aujourd’hui, ils sont grands et majestueux et là, il n’ y a pas photos, les massifs dans leur ombrage ne souffrent pas de la chaleur, ni de la sécheresse. La terre y reste fraîche, il n’y aucun besoin d’arrosage. C’est surtout vrai sous l’acacia et dans son ombrage. Sous le tilleul, il faut installer des plantes qui supportent la sécheresse et la concurrence des racines. Mais dans son ombre portée, les massifs résistent bien. A travers tout le jardin, des haies plus ou moins hautes, ombrent les massifs. Dans les plus exposés au soleil brûlant, j’ai mis les plantes exotiques de plein soleil, les cannes de Provence (Arundo), le grenadier, les jasmins, les phormiums, les bananiers, les eucalyptus, les albizias… et dans les zones intermédiaires, entre plein soleil et ombre, les plantes qui ont besoin de quelques heures d’ensoleillement par jour, mais pas trop sinon elles brûlent. C’est là que s’épanouissent les gingembres à fleur (hédychiums), les gingembres, les curcumas, les gardénias…

Une climatisation naturelle

Est-ce que cela signifie que je n’ai plus à arroser ? Non, car il faut arroser les plantes nouvellement installées, c’est vital pour elles, le temps qu’elles fassent leur système racinaire. Et puis, le jardin est encore jeune, certaines haies ne sont pas encore assez hautes pour jouer leur rôle. Certes, les arbres et les grands arbustes permettent d’ombrer, mais il réduisent aussi la température en transpirant. L’évapo-transpiration des arbres rafraîchit l’atmosphère, c’est pour ça qu’il fait bien frais dans les zones les plus ombragées, même en période de canicule. S’il continu à faire aussi chaud, ce ne sera pas un problème… s’il pleut ! Car au bout d’un moment, il n’y aura plus assez de réserves d’eau dans le sol. Ici il n’a pas plu significativement depuis des semaines. Il faut donc éviter au maximum l’évaporation de l’eau par le sol.

Paillage sur plantes en pots

L’arrosage, juste quand il faut

Quand il n’y a pas assez d’eau dans le sol, les plantes font triste mine. Avant d’arroser, il faut attendre le début de soirée. Si la plante retrouve son état normal, tout va bien. Elle s’est juste ratatinée en journée pour offrir moins de surface foliaire au soleil et donc moins transpirer. Si elle ne récupère pas, et si la terre est très sèche, alors il faut arroser. Il vaut mieux arroser un bon coup tous les 4 à 5 jours, si besoin. Pas d’arrosage s’ il n’y a pas de signes de soif. Mais cela ne marche que si le sol est abondamment paillé. Alors seulement, il va garder l’humidité et le bénéfice de l’arrosage pendant plusieurs jours, même en pleine canicule.

Pour les plantes en pot, c’est mieux d’arroser le matin. Quand les nuits sont chaudes, l’eau s’évapore pendant la nuit et dès le matin, la plante est à sec pour résister à une nouvelle journée de chaleur. On peut aussi pailler les plantes en pot pour garder le maximum d’humidité.

Pour les plantes les plus fragiles, je n’hésite pas à retourner une chaise pour leur apporter un ombrage protecteur.

Chaise retournée qui protège un jeune gardénia

Pour le potager

Les mêmes règles s’appliquent mais il faut vérifier plus régulièrement l’état du sol et il peut être nécessaire, malgré les paillages d’arroser plus souvent. Les potagers sont souvent plus exposés. On peut ombrer certaines zones en utilisant du maïs et les rames des haricots grimpants, de l’igname. Seul problème, en juin ces plantes ne sont pas assez hautes, elles ombreront les plantes à leurs pieds… en août !

S’il y a un enseignement à tirer de ces épisodes caniculaires réguliers, c’est qu’il va falloir mieux utiliser les arbres, les plantes hautes. Nous allons devoir protéger nos jardins. C’est ça aussi la permaculture, créer des écosystèmes en en utilisant toutes les composantes : les arbres, le sol, la diversité des végétaux, etc. Et comme créer un écosystème c’est long, ne perdons pas de temps ! On s’y met, on plante des arbres et on crée des jardins résilients dessous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *